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Généralités : Proverbes

dernière modification de cette page: le dimanche 12 juillet 2015 01:27

Les effets de langages liés à la monnaie

Proverbes, dictons et locutions :

ExpressionsSignificationsOrigines
Sur l'argent :
On ne peut vivre sans argent.-Faire travailler l'argent.-L'argent ne fait pas le bonheur, mais . . . L'argent contribue au bonheur de celui qui sait l'employer, et fait le malheur de celui qui se laisse dominer par l'avarice ou la cupidité. 
L'argent est un bon serviteur, mais c'est un mauvais maître  
L'argent fait tout.-Argent fait rage, amour, mariage.  
Argent comptant porte médecine.  
L'argent est un remède à tout mal, hormis à l'avarice.  
Argent prêté ne doit être redemandé.  
L'argent emprunté porte tristesse.  
L'argent n'a pas d'odeur.Certains ne se soucient guère de la manière dont ils gagnent de l'argent, pourvu qu'ils en gagnent. L'argent malhonnêtement gagné ne trahit pas son origine.Il suffit de faire tomber un billet de banque dans une fosse à purin puis de le récupérer pour comprendre que la véracité de cette expression est discutable, au moins au sens propre (si l'on peut dire, vu l'état du billet).Cette expression s'emploie en général pour un bien mal acquis dont on préfère oublier l'origine douteuse. C'est de l'empereur Vespasien qui régna sur Rome de 69 à 79 après J.-C., qu'elle viendrait. En effet, les caisses de l'empire étant vides, son contenu ayant été dilapidé par Néron, Vespasien institua nombre de taxes diverses afin de renflouer le trésor de l'Etat. L'une d'entre elles marqua plus particulièrement les esprits, celle sur les urines destinées à être collectées pour servir aux teinturiers (elles servaient à dégraisser les peaux). Elle était payable tous les quatre ans par tous les chefs de famille, en fonction du nombre de personnes (et d'animaux) vivant sous leur toit. Bien entendu, le peuple se moqua de cette taxe et Titus, le fils de Vespasien, lui en fit la remarque. L'empereur lui mit alors une pièce de monnaie sous le nez et lui dit : "ça ne sent rien" ("non olet"), sous-entendant ainsi que peu importait la provenance de l'argent tant qu'il remplissait les caisses.
Plaie d'argent n'est pas mortelle.  
Marteau d'argent ouvre porte de fer.  
L'argent n'as pas, point de maître.  
L'argent est le nerf de la guerre.  
Le temps, c'est de l'argent.Le temps bien employé est un profit. 
Etre né avec une cuiller d'argent dans la boucheÊtre né riche / dans une famille riche. Ne pas avoir de soucis pécuniaires à se faire pour son avenir, dès la naissanceCette expression, dont la date d'apparition en France n'est pas précise, est une traduction littérale de la version anglaise "born with a silver spoon in his mouth" dont la première attestation en Angleterre se trouverait dans une traduction de Don Quichotte de Cervantès parue en 1712.
Aux États-Unis, elle apparaît en 1780 dans un des volumes de l'"Adams Family Correspondence"[1].
Si les cuillères ont d'abord été en bois[2], elles ont ensuite été principalement fabriquées en étain. Mais, dans les familles riches, il était de tradition que le parrain offre à son filleul une cuillère en argent au moment de son baptême, ce métal étant bien sûr une matière beaucoup plus noble et chère que l'étain.
Cet objet était donc un symbole prouvant à la fois que le bébé était né dans une famille très aisée et qu'il n'aurait donc probablement pas de soucis financiers dans le futur.
[1] Ces ouvrages contiennent la correspondance fournie entre différents membres d'une famille Adams éclatée de chaque côté de l'Atlantique, échanges étalés sur de nombreuses années aux XVIIIe et XIXe siècles.
[2] D'ailleurs, 'spoon' (cuillère en anglais) est une déformation de 'spon' (autre forme de 'span') qui désignait un copeau de bois, la cuillère étant taillée dans un gros éclat de bois.
Jeter l'argent par les fenêtresÊtre extrêmement dépensier ou gaspiller son argentAu Moyen-Âge, en l'absence de tout-à-l'égout, les fenêtres voyaient passer toutes sortes de choses, et il ne faisait pas bon passer dessous à ce moment là ; on pouvait en effet se faire décorer de liquides souillés ou d'immondices divers. On y jetait aussi parfois des pièces de monnaie pour récompenser le troubadour de passage (ou le faire partir vite, s'il chantait comme Assurancetourix).Mais l'image que véhicule cette expression se comprend très aisément : celui qui jetterait son argent par les fenêtres de son logement gaspillerait aussi stupidement sa fortune qu'en la dépensant à acheter des quantités de choses sans intérêt ou inutiles. La version de 1762 du dictionnaire de l'Académie Française nous signale qu'on disait déjà à cette époque "un homme ne jette rien, ne jette point son bien par les fenêtres" pour dire "il ne fait point de folles dépenses". Cette expression date donc probablement de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. Claude Duneton signale qu'Oudin écrivait qu'au XVIIe, "jeter les épaules de mouton par la fenêtre" était signe de prodigalité. Pourquoi les épaules ? Et que du mouton ? C'est un mystère !
Vouloir le beurre et l'argent du beurreTout vouloir, sans contrepartie. Vouloir gagner sur tout les plansL'usage de cette expression est très récent puisqu'il date du début des années 1980.
Le bon sens paysan veut qu'on ne puisse pas, honnêtement, vendre le beurre qu'on vient de fabriquer, en garder l'argent, mais garder aussi le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore.
Vouloir toujours tout garder à soi, vouloir tout gagner sans rien laisser aux autres, c'est vouloir le beurre et l'argent du beurre.
Sur la fortune :
Chacun est artisan de sa fortune.  
La fortune rit aux sots.  
Bien danse à qui la fortune chante.  
Faire contre mauvaise fortune bon cœurNe pas se laisser décourager par les difficultés. Peut aussi s'employer pour dire :Savoir se contenter de ce qu'on peut avoir, ne pas trop en vouloir. Accepter un compromisLe style de cette locution proverbiale (complément direct rejeté au bout, pas d'article) est archaïque. La fortune a l'ancienne signification de la chance, de la réussite, la mauvaise fortune étant les difficultés, les revers.
Si, dans les expressions, le coeur désigne souvent le courage, ici il est plus employé à la place de l'esprit, la mémoire (comme dans 'par coeur') ou la raison. C'est même cette dernière signification qui est la plus présente dans les différents emplois où pour lutter contre la mauvaise fortune, il est important d'être raisonnable.
De la fortune nul n'est content.  
La fortune vient en dormantLe plus sûr moyen de s'enrichir est d'attendre passivement un heureux coup du sort. 
La fortune aide, sourit aux audacieux.  
Les bonnes fortunes / À la fortune du pot / Fortune de merLes conquêtes féminines / Sans façon, à la bonne franquette / Accident survenant à un navireJe ne sais pas si vous mesurez votre chance cette fois-ci ! Plusieurs expressions pour le prix d'une seule, grâce au même mot de même sens présent dans les trois.
Aujourd'hui, quand on vous dit le mot 'fortune', vous pensez tout de suite à l'Onc'Picsou, à Bill Gates ou à Warren Buffet, la fortune étant l'équivalent de la richesse.
Mais à l'origine, le mot désignait le sort, ce qui peut vous tomber dessus brutalement, en bien comme en mal (et d'ailleurs, une bonne fortune au Loto permettrait effectivement de gagner une belle fortune).
"Être en bonne fortune" voulait d'abord dire "avoir de la chance" puis, plus précisément, "avoir de la chance, donc du succès auprès des femmes". Ainsi, au XVIIe siècle, les bonnes fortunes, étaient les faveurs que les femmes accordaient à leurs amants, une 'fortune' étant une rencontre galante.
Pas sûr que le sort y soit pour grand chose, mais pour un coureur de jupons, une femme qui lui tombait toute rôtie dans le bec, c'était toujours bon à prendre (sans jeu de mot).
Cette forme s'est spécialisée au XVIIIe, désignant les succès obtenus auprès des femmes prudes, peu enclines à se laisser séduire.
Au XVIIIe siècle, le 'pot' était le récipient suspendu dans l'âtre et dans lequel le plat du jour cuisait ou réchauffait. Lorsqu'un visiteur arrivait à l'improviste à l'heure du repas et s'y voyait invité, il pouvait, selon sa 'fortune', tomber sur un plat succulent ou un infâme brouet mais, surtout, il était invité sans que les hôtes aient pu s'y préparer, donc sans chichis, à la bonne franquette.
D'où l'expression à la fortune du pot qui, de nos jours, tout en maintenant les idées d'improvisation et de simplicité, a aussi une connotation de bon accueil et de chaleur humaine.
Enfin, si une fortune de mer a aujourd'hui un sens juridique très précis (mais bien lié à un accident maritime 'fortuit', mot de même origine que 'fortune'), au XIIIe siècle, "fortuna maris" désignait un "hasard malheureux sur l'eau", devenu au XVIe une tempête ou un naufrage.
Mais comme les malheurs d'un navire pouvaient aussi être des actes de piraterie, au XIXe siècle, la fortune de mer a, selon Bescherelle, eu également le sens de "prise faite par des pirates en temps de guerre".
Sur la monnaie :
Monnaie fait tout.  
Il n'est que changeur pour se connaître en monnaie.  
Payer en monnaie de singePayer en grimaces ou en fausse monnaie, au lieu de payer réellementAu XIIIe siècle, Saint-Louis décida qu'il faudrait payer une taxe pour emprunter le pont qui, à Paris, reliait l'île de la Cité à la rue Saint-Jacques.
Il y avait toutefois une exception à cette règle : les forains, bateleurs ou jongleurs qui possédaient un singe pouvaient, en guise de paiement, faire faire son numéro à leur animal. C'est cette forme de paiement particulier qui a donné naissance à notre monnaie de singe.
Rendre la monnaie de sa pièce  
C'est monnaie couranteÊtre une chose habituelle, une pratique couranteA t-on déjà vu une pièce de monnaie prendre ses jambes à son cou et s'éloigner en courant ? Que nenni ! Car la "monnaie courante" ne se déplace pas toute seule, quoi qu'on puisse en penser. Au sens propre, et depuis la fin du XIIIe siècle, elle désigne la monnaie (pièces et billets) qui a cours, celle autorisée et couramment utilisée, et elle sera opposée plus tard à la "monnaie bancaire", comme les chèques, par exemple. L'expression, avec son sens figuré, apparaît au XVIIIe siècle chez Diderot (voir les exemples). Elle est tout simplement un jeu de mots sur 'courante' avec le sens de 'habituelle' et "monnaie courante" au sens propre.
La mauvaise monnaie chasse la bonne.  
Sur les billets:
Je vous en donne / fiche / fous mon billetJe vous affirme, assure, certifie que...Il y a bien longtemps, lorsque j'étais face à l'ouvreuse à l'entrée de la salle de cinéma, je lui donnais systématiquement mon billet sans pourtant rien lui affirmer (sauf, peut-être, que je ne voulais surtout pas être aux premiers rangs et qu'elle était jolie, chose qu'elle savait déjà amplement, vu le nombre de mâles stupides passés avant moi avec le même compliment).À la même époque, d'autres plus âgés, avaient pour habitude de donner son billet à la dame de petite vertu qui venait d'accomplir sa tâche rétribuée. Ils n'avaient pourtant pas grand chose à affirmer, sauf, peut-être, leur virilité. Alors en quoi donc le billet qui nous intéresse peut-il correspondre à une affirmation ?À l'origine, un 'billet' (mot né au milieu du XIVe siècle) est un message écrit bref, au contenu réduit à l'essentiel. Au fil des décennies, tout en conservant son sens initial, il a également eu plusieurs significations, dont, aussi abracadabrantesque que cela puisse paraître, celle de "formule magique". Le "billet de banque", au début du XVIIIe siècle, vient du 'billet' vu comme une promesse écrite, un engagement de payer une somme. C'est à la fin du XVIIe, un peu avant l'apparition de notre expression, que le 'billet' est aussi une attestation écrite de quelque chose. On peut donc comprendre je vous en donne mon billet comme "je suis tellement sûr de ce que j'affirme que je suis prêt à vous écrire un billet qui l'attesterait". Les verbes 'ficher' et 'foutre' sont arrivés ensuite par simple remplacement de 'donner' par des équivalents argotiques.
Sur l'or:
Valoir son pesant d'orEtre d'une grande valeur, d'un grand intérêt, de grand méritePesant viendrait du verbe 'peser'.L'or étant un métal de grande valeur, on imagine bien que le poids (le pesant) en or de quelque chose de pas trop léger réprésente une somme importante.
Cette expression se retrouve dès le XIIIe siècle où on comparait déjà un être cher à son poids en or.
Une hypothèse veut que l'origine vienne d'une déformation du 'besant', ancienne monnaie en or de Byzance (future Istanbul) dont le poids constant, chose assez rare pour les pièces de l'époque, était de 4,48 grammes.
Certains la rejettent sous prétexte que le besant n'avait qu'une très faible valeur et qu'on n'aurait donc pas cherché à faire des comparaisons flatteuses basées sur cette pièce.
Mais si, pour obtenir un même poids en or, on met dans la balance 4 lingots d'un kilo ou 900 besants, la valeur finale en or reste la même.
La raison invoquée pour le rejet de cette hypothèse ne me paraît donc pas suffisante, ce qui fait que le mystère demeure.
Une chose est sûre, c'est qu'au XVIIe siècle, pour se moquer de quelqu'un ou indiquer qu'il avait de gros défauts, on disait qu'il valait son pesant de plomb.
Autres :
Jouer à Pile ou FaceFaire un pari sur le côté sur lequel tombera une pièce de monnaie lancée en l'air.Bien entendu, nous avons là un choix purement binaire, car on suppose que la probabilité pour que la pièce retombe et se maintienne sur la tranche est complètement nulle. C'était d'autant plus vrai avec les anciennes pièces mal formées, irrégulières, avec lesquelles les Romains, déjà, faisaient des tirages au sort. Mais si, de nos jours, on comprend généralement pourquoi un côté d'une pièce s'appelle 'face', car on y trouve très souvent la représentation de la tête de quelqu'un, on peut légitimement se demander pourquoi l'autre côté s'appelle 'pile'.Pour le savoir, nous allons remonter dans le temps pour tomber pile au XIIe siècle. À cette époque on jouait déjà à croix ou pile, parce qu'un des côtés de la pièce comportait une croix, chrétienté oblige, et l'autre était frappé de motifs divers à l'aide d'un coin métallique qu'on appelait une pile ; et de l'instrument destiné à la graver est né le nom de cette face de la pièce (qui, bien que ce soit une face, ne s'appelle pas face, mais pile, je vous le rappelle).On peut d'ailleurs noter qu'on disait autrefois de quelqu'un qu'il "n'avait ni croix ni pile" pour dire qu'il n'avait aucun argent. C'est à partir d'Henri II, en 1548, que la face avec la croix a été remplacée par une face avec l'effigie du souverain, d'où son nom de 'face'.Bizarrement, ce n'est pourtant qu'à partir du milieu du XIXe siècle que notre expression est apparue. Et bien que le côté 'pile' ne soit plus frappé depuis longtemps avec une pile, il a bel et bien gardé son nom initial.
Etre riche comme CrésusEtre très riche.Au VIe siècle avant JC, le riche Crésus régnait sur la Lydie. Il tenait ses richesses du Pactole, la rivière qui cachait multitude de paillettes d’or. Il voulut un jour montrer au philosophe Solon qu’il était le plus heureux grâce à ses richesses. Ce à quoi celui-ci répondit qu’un homme ne pouvait dire s’il avait été heureux qu’au moment de mourir. Peu de temps après cet épisode, de nombreux malheurs s’abattirent sur Crésus. On dit aujourd’hui d’une personne très riche qu’elle est "riche comme Crésus".
Toucher le pactole  

Les synonymes :

ArticheL'artiche, c'est l'argent, appellation générique. A l'origine, vers 1880, il y a une jolie image du porte-feuilles, rebaptisé plaisamment "artichaut. Les choses évoluant en argot comme ailleurs, l'artichaut est devenu "artiche", et le porte-feuilles a laissé place aux billets.
Ballel'expression "t'as pas cent balles?" vient de loin... C'est au milieu du XVII è siècle que la balle désigne pour la première fois la livre, avant de désigner le franc, lors de la Révolution. D'ou vient cet usage? Peut-être des soldats, qui avaient la métaphore facile ... !!
Barre

Bâton

Unité de compte. La barre c'est le million ! On ne trouve pas trace ancienne de l'emploi du mot barre qui, c'est vrai, ne s'applique qu'a un paquet de billets.
BiscuitLa locution "il ne faut pas s'embarquer sans biscuits" date du XVI è siècle, et faisait allusion à une  mince galette cuite deux fois ("bis" "cuite") L'emploi au sens d'argent est récent et apparait plutôt comme un synonyme de "galette". Avant la guerre 39-45, le "biscuit" désignait encore une contravention dans l'argot des chauffeurs de taxis.
BléLe blé à toujours évoqué la richesse dans l'imagerie populaire, et le mot est identifié comme métaphore de l'argent dès le XVI è siècle. Ce n'est que cependant qu'au milieu du siècle dernier que le blé devient le nom populaire de l'argent, et c'est très récemment, dans les années 60/80 qu'il a pris le dessus du "fric".
BriqueL'image est claire et assez récente, mais l'origine est très ancienne et lointaine, puisque les briques de thé concassé ont servi de monnaie dans le Tibet d'il y a quelques milliers d'années. La brique est, en langage populaire, d'abord la liasse de billets (dans les années 20), puis le million (après guerre). Plusieurs synonymes : patate, barre, bâton, pavé... Cette faveur tendrait à montre que le million est le véritable étalon populaire du sérieux en terme d'argent...
BoudinLe boudin, c'est le rouleau de pièces. Métaphore plutôt réservée aux spécialistes et aux professionnels...
CarbureCarbure n'est pas un diminutif de carburant. C'est un nom masculin tout ce qu'il y a de sérieux, dérivé du radical de carbone, désignant le produit (le carbure de calcium) utilisé dans certaines lampes. L'argot l'a repris au vol comme métaphore de l'argent, qui comme chacun le sait permet de briller durablement et de chasser les ténèbres   ;-)
chipsLes chips étaient les billets de 20Francs & de 50 Francs. La métaphore, encore une fois alimentaire, est amusée mais plutôt condescendante, les chips étant loin de valoir de vraies "patates"...
ferrailleCe mot qui désigne de vieux fers à pris le sens de petite monnaies à la fin du XIX è siècle. Expression péjorative, moins intéressante, moins puissante, moins évocatrice, moins poétique en somme, que l'expression synonyme "vaisselle de fouille", la fouille étant la poche...

autre expression : "ça ne vaut pas un clou!"

fifrelin"Das ist kein Pfifferling wert" disaient déjà les allemands au XVI è siècle, littéralement traduit par "ça ne vaut pas un champignon" ; pour dire qu'un objet ou une monnaie est sans valeur. Il nous est resté la traduction : "ça ne vaut pas un fifrelin" ou "je n'ai pas un fifrelin".
flouzeLe flouze (ou flouse) c'est l'argent. Vient de l'argot marseillais (felous, début XIX è siècle) lui même emprunté à l'arabe maghrébin flus (arabe classique fuls, pluriel de fals), nom d'une ancienne monnaie arabe du temps de Mahomet...
fricC'était le mot le plus utilisé jusqu'a ce que le "blé" vienne le supplanté dans le langage populaire aux cours des années 80. L'origine du mot (XXè siècle) est assez mystérieuse. On pense généralement à "fricot", terme de cuisine, qui restait fidèle aux métaphores alimentaires. Mais fric à aussi signifié "par acquisition malhonnête" sens qui subsiste dans l'expression "fric-frac".
galetteL'ancien normand "gale", qui désignait un gâteau plat, est à l'origine des galets et galettes. "Galette" dans la lignée des métaphores alimentaires, c'est d'abord un mot désignant une monnaie ronde et plate, qui au cours du XIX è siècle, en vient à signifier l'argent.
grisbiA l'origine il y a la couleur. Au XVII è siècle la grisette était un nom donné à la monnaie et le "griset" désignait une pièce de six liards. Le "gris" désigne ensuite la monnaie grise. Grisbi apparait fin XIX è, l'ajout de "bi" reste incertaine mais pourrais venir de "bis" (pain bis) qui désigne également la monnaie grise. Bien sur c'est répétitif, mais c'est aussi plus facile à employer...
laissez-passerle "laissez-passer" est un billet de 500 Francs, terme récent... synonyme de "malabar"...
madrierTerme récent (XXè siècle) désigne une somme qui ne tient pas dans la poche, mais qui suffirait à faire tenir une maison. Le madrier c'est 10 Million !
mille-feuilleMétaphore récente, tendre et gourmande pour désigner une liasse de billets de 100 FRANCS.
oseilleL'origine du sens argotique n'est pas très bien connue, mais elle est ancienne. piste : une monnaie appelée "osella" à été émise en 1521 par Doge de Venise. Autre élément, plus étonnant : le mot "vinette", autre nom de l'oseille, est employé pour illustrer la possession d'argent au tout début du XVII è siècle...
patatereprésente 1 Million d'ancien Francs, soit 10 000 FRANCS nouveaux (juste avant nos euros)
pavéidem brique, patate, ...
pèzeApparu au début du XIX è siècle, le pèse puis le pèze vers 1830 vient tout simplement du verbe peser.
pépettesAttesté dans les années 1860 pépètes ou pépettes pourrait venir de pépites, ou seconde hypothèse : d'un mot régional qui en Poitou, Bretagne, et Provence, évoque les ricochets fait sur l'eau avec un galet, le galet offrant la vision d'une grosse pièce d'argent (voir galette)
pésètesLe terme apparait à Lyon dans les années 1920. Il vient de pèze, bien qu'on puisse y ajouter l'influence des pesetas espagnoles.
picaillonsA l'origine sans doute une menue monnaie piémontaise de l'italien piccolo, "petit" qui aurait franchi les Alpes au cours des guerres. Mais il y a eu au moins une pause au passage de la montagne : le picaillon est en 1635 une monnaie frappée en Savoie, petite monnaie rapidement dévalorisée... On dit aussi, mais c'est plus hasardeux, que picaillon serait à rapprocher du latin populaire pikkare ; "faire tinter" ...
plaquevoir patate ...
pognonDaté de 1840, le pognon est dérivé du verbe "pogner", "saisir avec la main, attraper". Le pognon est donc ce que l'on tient en main après un geste qui n'a rien de délicat, et semble bien issu du monde des voleurs, détrousseurs et autres pickpocket...
radisC'est dans les années 1840, la encore, qu'on commence à entendre les gens qui "n'ont plus un radis", voulant dire qu'ils n'ont plus d'argent! La métaphore assez simple, une fois encore alimentaire, le radis, petit légume, symbolisant une somme insignifiante.
rondvoulant dire une pièce (métaphore de la forme)
trèfleApparait dans les années 1860. Avec peut-être un clin d'œil à la chance (trèfle à 4 feuilles) et aux jeux de carte..., le trèfle argent à une origine semblable au blé et au radis...
thuneLa thune qui s'écrit aussi tune, tient son nom du roi Thunes, c'est à dire Tunis, qui n'était autre que le roi des Gueux au XVII è siècle a Paris. Thune voulait alors dire aumône. Après la Révolution et l'arrivé du système décimal, la thune désignait la nouvelle pièce en argent de 5 Francs, issu de l'écu de l'ancien régime, qui faisait office de pièce d'aumône... Thune continuera de désigner une somme de 5 Francs jusqu'au lendemain de la guerre 14/18. Employé ensuite familièrement dans un sens plus général, la thune" sera remplacé dans les années 1960 par "fric" puis dans les années 1980 par "blé"
unitésynonyme de patate, pavé, plaque, ...

Les Blagues :

Pour que l'euro naisse il à fallut que le Franc meurt...donc...

C'est le billet de 500Frs qui arrive le 1er au paradis, lorsque Dieu le voit il dit au billet : " Va te ranger au fond ! " , alors le billet de 500 va au fond comme on lui a dit. Ensuite c'est le billet de 200Frs qui arrive devant Dieu et celui-ci lui dit alors : " Va au fond mais un peu devant le billet de 500FRs ! ", Lorsque le billet de 100Frs se présente à son tour, Dieu lui dit d'aller d'aller devant son frère de 200Frs.Et ainsi de suite pour le billet de 50Frs , de 20Frs, pour la pièce de 20 Frs, de 10Frs, de 5Frs, 2Frs, et 1Frs. Viens enfin le tour de la pièce de 50Centimes devant laquelle Dieu fit un grand sourire et lui dit : " AHA ma copine, vient donc t'assoir à mes cotés..! " En entendant cela le billet de 500FRs protesta de ce traitement de faveur...C'est alors que Dieu lui demanda de se taire et lui dit sèchement :" Quand tu étais sur Terre il me semble que l'on ne t'as pas vu beaucoup à l'église!!!".


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